Quand l'art et les frissons s'invitent dans le Loiret cette semaine
19 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Centre-Val de Loire · Loiret
Cette semaine dans le Loiret, l’automne s’installe avec une douceur trompeuse. Sous les couleurs des feuilles qui virent au roux, deux univers se répondent : celui des artistes qui captent l’éphémère, et celui des légendes qui, une fois la nuit tombée, reprennent vie. Entre expositions intimistes et chasses aux fantômes, le département se pare d’une atmosphère à la fois contemplative et espiègle.
L’art comme dialogue, bien au-delà des mots
À Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, le Domaine de la Trésorerie accueille pour la troisième année consécutive les Peintur’Elles, une association de femmes peintres de la métropole orléanaise. Leur exposition, « Regards en dialogue », est un pari audacieux : faire converser la matière et la couleur. Douze artistes, douze univers, mais une seule invitation : celle de regarder autrement. Certaines toiles jouent avec les textures, superposant collages et pigments, tandis que d’autres misent sur des aplats vibrants qui semblent absorber la lumière de la pièce. Le visiteur est convié à un jeu de correspondances, où chaque œuvre répond à sa voisine comme une réplique dans une conversation silencieuse. Un détail qui change tout : l’exposition est gratuite, et le cadre du domaine, avec ses grandes baies vitrées ouvertes sur le parc, en fait un lieu où l’on peut flâner sans hâte, un café à la main.
À quelques kilomètres de là, à Châtillon-Coligny, une autre forme de dialogue s’engage, plus discret mais tout aussi puissant. L’exposition photo « Le temps qui passe » propose une réflexion sur la mémoire et l’érosion. Les clichés, présentés dans une salle sobre, captent des instants qui semblent à la fois fugitifs et éternels : un vieux mur écaillé, une ombre portée sur un chemin de campagne, un visage ridé par les années mais illuminé par un sourire. Loin des grands formats spectaculaires, ces images misent sur la simplicité pour toucher. Le lieu, une petite galerie associative, ajoute à l’intimité de la proposition. On y vient comme on rendrait visite à un ami, pour partager un moment de silence et de réflexion.
Halloween avant l’heure : quand les châteaux jouent avec nos peurs
Si les expositions de cette semaine misent sur la subtilité, d’autres événements assument pleinement leur côté ludique et décalé. À Beaugency, le cinéma prend des allures de fête foraine avec une programmation spécialement concoctée pour les vacances de la Toussaint. « Ducobu et le fantôme de Saint Potache » promet rires et frissons pour les plus jeunes, tandis que Garance, un film sur une actrice en quête de réconfort dans l’alcool, s’adresse à un public plus adulte. Mais c’est sans doute « Les Misérables », adapté du roman de Victor Hugo, qui retiendra l’attention des amateurs de récits intemporels. Diffusé dans une salle à l’acoustique soignée, le film prend une dimension particulière dans cette ville où l’histoire a laissé tant de traces.
Pour ceux qui préfèrent vivre leurs émotions en plein air, deux châteaux du Loiret se transforment en terrains de jeu ensorcelés. Au Château de Chamerolles, les fantômes des anciens occupants ont décidé de sortir de l’ombre pour une série d’animations qui mêlent histoire et frissons. Les visiteurs sont invités à résoudre des énigmes pour percer les mystères de ces esprits farceurs. À Sully-sur-Loire, c’est un bestiaire d’Halloween qui attend les enfants. Le château, déjà impressionnant avec ses douves et ses tours, devient le décor d’une quête où chaque salle recèle une créature fantastique à découvrir. Les deux parcours sont conçus comme des expériences immersives, où l’on passe du rire à l’émerveillement en quelques pas.
Notre coup de cœur : une balade où l’histoire se fait complice
Parmi toutes ces propositions, une sortie se détache par son originalité : le parcours d’Halloween à Gien. Ici, pas de décor en carton-pâte ni de monstres en latex. L’équipe du château a imaginé une intrigue qui s’inspire des légendes locales pour créer une chasse au trésor d’un genre nouveau. La malédiction d’une princesse transformée en sorcière, des créatures protectrices disparues… L’histoire, racontée comme un conte, donne une profondeur inattendue à l’expérience. Les participants ne sont pas de simples spectateurs : ils deviennent les héros d’une aventure où chaque indice les rapproche de la solution. Le parcours, accessible dès 6 ans, est une belle façon de mêler jeu et patrimoine, sans tomber dans les clichés du genre.
Et si on prolongeait la magie ?
Pour ceux qui voudraient ajouter une touche d’histoire à leur programme, les chemins de Jeanne d’Arc offrent une alternative apaisante. Quatre itinéraires, de Cléry-Saint-André à Gien, permettent de marcher sur les pas de l’héroïne, en suivant les paysages qu’elle a traversés. Ces balades, ponctuées de panneaux explicatifs, sont l’occasion de découvrir des villages méconnus et des points de vue sur la Loire. Une façon de prendre le temps, entre deux expositions ou avant une soirée cinéma, pour se reconnecter à un patrimoine qui a façonné le territoire.
Cette semaine dans le Loiret, l’art et les légendes se répondent comme deux facettes d’une même saison. Entre contemplation et jeu, il y a de quoi remplir ses journées sans jamais s’ennuyer.
Pour en savoir plus
- Exposition photo "Le temps qui passe"
- Les Peintur'elles - Regards en dialogue
- Regards en dialogue, expo des Peintur’Elles
- DUCOBU ET LE FANTOME DE SAINT POTACHE
- GARANCE
- DIGGER
- LES MISERABLES
- Vacances de la Toussaint : À la poursuite des Fantômes de Chamerolles !
- Livret jeux enfant enquête : « Le Bestiaire d’Halloween »
- Le parcours d’Halloween à Gien
- 1 - Sur les Pas de Jeanne d'Arc de Cléry-St-André à Orléans
- 3 - Sur les Pas de Jeanne d'Arc de St-Denis-de-l'Hôtel à St-Benoit-sur-Loire
- 4 - Sur les Pas de Jeanne d'Arc de St-Benoit-sur-Loire à la Ferme de l'Epinoy
- 5 - Sur les Pas de Jeanne d'Arc de la Ferme de l'Epinoy à Gien